NADINE PONT
>>expositions
La trace de l'avenir
S'il y a trace, s'il y a mémoire, c'est autre chose que du souvenir. Ce n'est pas un fait
ancien qui reste gravé, immuable, dans ce que nous faisons et dans ce que nous inventons.
La mémoire, la trace, c'est comme une tradition qui semble s'inventer au fur et à mesure
de notre itinéraire, c'est l'avenir qui s'écrit. Quelle trace avons-nous de l'avenir ?
C'est là le voyage auquel nous convie la jeune artiste lausannoise Nadine Pont, avec
une recherche graphique et une palette de techniques qui partent de son questionnement
originaire autour de la lumière.
Sa question commence ainsi : comment la lumière s'écrit-elle ? Quelle est la trace de la
lumière ? Quel est le laboratoire de la lumière, c'est-à-dire le dispositif dans lequel
elle commence à s'écrire ? Quels sont les métiers de la lumière ?
Le premier chemin à prendre est celui de la photographie ; et elle explore simultanément
l'éclairage de scène au Théâtre de la Croix d'Ouchy, puis le décor. Lumière du
décor, qui n'illumine pas, qui ne dit pas ce qu'il faut voir, mais qui donne du relief au
texte et à l'image. Comme la lumière de la photographie, cette lumière qui s'écrit
raconte une histoire, traverse le rêve et l'oubli, et donne à entendre plutôt qu'à
voir. La lumière que l'artiste met en scène, qui combine les éléments de l'image, de
l'histoire. C'est une indication qu'elle tire du travail du théâtre pour orienter son
travail sur la feuille sensible.
Lumière à entendre : un autre chemin que prend Nadine Pont l'amène à travailler une
année dans une manufacture d'orgues, où elle trouve de quoi préciser son approche
artistique de la mise en scène de l'écriture et de l'architecture de la lumière. Et
l'écriture, elle l'aborde aussi en travaillant comme calligraphe dans une entreprise...
Dans ses photographies, comme photographe de ce qui s'entend, comme metteuse en scène de
la nature, Nadine Pont nous indique une ponctuation qui n'est conforme à aucune
grammaire.
Le métier de fleuriste ajoute de façon inattendue un chapitre au roman de sa recherche :
la combinaison des couleurs et des formes, la nature qui n'est jamais morte, la fleur, la
feuille, la branche et l'arbre, la nature comme artifice.
C'est le long de ses études à l'Ecole des Beaux-Arts de Genève, qu'elle conclut avec
succès en septembre 2002, que Nadine Pont trouve à articuler et à joindre ces
différents éléments de son itinéraire. La gradation de la lumière trouve à
s'inscrire dans le dessin, l'aquarelle, puis la sculpture. Le débat se joue entre ombre
et lumière, dans cette combinaison.
Nadine Pont construit un glossaire et un dictionnaire de la nature artificielle que cette
exposition décline et incline, chaque tableau, chaque photographie exigeant un autre
tableau, une autre photographie. Le visage, la fleur, la feuille, l'arbre,
l'enchevêtrement, l'intersection et nous voilà face à une autre langue qui nous séduit
et nous emporte dans une poésie inédite et inattendue.
" Avec l'aquarelle, et le dessin, il n'y a pas d'effacement de la trace.
Chaque geste compte, un trait, une couleur, peut se transformer et devenir même tout à
fait autre, et pourtant il reste inscrit sur la feuille.
Aspect de l'histoire qui s'inscrit, peinture dans le temps, en différentes strates qui se
fondent, se frottent, s'interrogent ".
Nadine Pont
>>retour au haut de la page
Expositions
Février 2000 : La Bossette, Lausanne, photographies
Juin 2000 : Ecole supérieure des Beaux-Arts, Genève, peintures et dessins
Juillet 2000 : Marionnettes et décors pour " Le renard et la Lune ", création
théâtrale par Nadine Pont et Amélie Ardiot, Festival de la Cité, Lausanne
Juin 2001 : Ecole supérieure des Beaux-Arts, Genève, peintures et sculptures
Juin 2001 : Galerie Phat John, Genève, exposition collective. Livrets de photographies
Mars 2002 : La Galerie, Genève, photographies et sculptures
Septembre 2002 : Ecole supérieure des Beaux-Arts, Genève, sculptures
Novembre 2002 : Galerie Corps et Scène, Lausanne, " La trace de l'avenir ",
aquarelles, dessins. Photographies et sculptures
Mars 2003 : librairie parenthèses, Yverdon, aquarelles, dessins et photographies
Diplôme de l'Ecole supérieure des Beaux-Arts, Genève, en septembre 2002
Nadine Pont est en outre une photographe officielle de la Villa Borromeo, à
Senago, Milan, Italie, pour les aspects architecturaux, depuis décembre
2001. |