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New-York, le 16 janvier 09
Mesdames, Messieurs,
En cette période de vaches maigres pour certains, et où tout pourrait partir à vau-l’eau pour d’autres je vous propose une exposition pleine d’humour et d’attrait d’une artiste inconnue dans nos contrées alpestres, mais illustre ailleurs : Aimée Vacherol, dont la courte et curieuse biographie ci-jointe vous laissera pantois.
Le thème de cette exposition s’articulera autour d’une des créatures les plus mythiques et généreuses qui soit : la vache, du latin vacca, avec pour titre Le plancher des vaches.
OUI ! Comment redonner confiance à ceux qui auront beau vider leur fond de tiroir, leurs baux seront toujours vacants.
OUI ! Le plancher des vaches est le plus stable et solide pour relancer le désir, foi de marin, qui en a harponné des dugons, sans succès !
L’artiste s’attellera à la tâche avec un troupeau d’une trentaine de bêtes à des formats différents : 50x50cm, 160x100cm et plus… si votre espace le permet.
On y joindra de la paille, mais pas de fil de fer barbelé ou électrifié.
L’effet bœuf est garanti !
Aimée Vacherol bien qu’originaire du canton de Fribourg est née en 1970 par accident sur le plateau de Millevaches en Limousin.
Son nom est pur invention, car son père n’était ni vacher, ni fromager, mais musicien. Il jouait du cor alpin, d’ailleurs sa mère avait souvent des cors au pied, car elle le suivait partout, de Boghé à Salvador de Baya en passant par Paris.
De son enfance africaine, elle apprit à connaître plusieurs dialectes, le dioula, le woulof, le bambara, le peul, le sénoufo… ouf ! ne lui reste qu’un léger zézaiement, sauf quand elle vous dit Zébu, c’est bien de cela qu’il s’agit.
Depuis ce temps, elle adore les bovins, on aura deviné pourquoi.
Dans la ville lumière, ses parents tentèrent d’entrer dans un orchestre de chambre, qui n’avait pas besoin de cor, heureusement un sacré coup de piston les conduisit à la Nouvelle-Orléans, où cet instrument à vent fit jaser et fuir les foules, d’ailleurs sa mère se foulait les pieds aussi souvent.
Un soir, ses parents se disputèrent et disparurent, comme ils étaient venus, l’on ne sait d’où.
Le 11 septembre de cette même année, esseulée, au lieu d’atterrir à New York, son avion fut détourné sur Toronto. De là elle prit un car Greyhound pour Chicago.
Là-bas elle fit une orgie de steak et de rock and roll frénétique, d’où son surnom loved cowroll – Aimée Vacherol en français.
Elle se mit à fréquenter une société très éclectique, un ecclésiastique baptiste, un ouvrier en mécanique, un musicien acoustique, la jet set hystérique, des artistes romantiques, et c’est grâce à un industriel amnésique qu’elle put créer sa première étiquette de corned beaf, puis celle de la vache qui pleure, très vite retirée du marché, parce que tout le monde fondait en larmes. Ce qui n’était pas un très bon argument de vente, par contre cela révéla Aimée Vacherol. Il y eut une épidémie de fièvre acheteuse de ses créations bovines.
Aujourd’hui ses œuvres sont montrées et vendues dans les plus célèbres galeries du monde et des Etats-Unis, dont la galerie X à New-York.
C’est la première fois qu’elle exposera en Suisse, je vous demande de réserver le meilleur accueil à cette artiste hors pair et méritoire, la belle Hathor ne me contredirait pas !
Chantal Quéhen |
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